|
YEHUDI MATTHIEU
Le Magicien mystérieux
Un siècle après Aleister Crowley
(Crowley Tarot) vient au monde un autre personnage bien ambivalent: Yehudi
Mathieu, fils de parents allemands-francais-grecs-juifs. Le père
est un déserteur de la R. D. A. qui à la naissance de son
enfant est en taule. Et ce père étant un don Juan qui a
procréé dix enfants en tout, tous - sauf une vraie soeur
de Y - avec des femmes différentes, alors après quelques
mois de mariage même cette liaison est un échec.
|
 |
|
|
Déjà
l'arrière-grand-mère de Y était connue pour sa faculté
fiable de guérisseuse. Mais la famille - étant plus catholique
que le pape - la regardait comme sorcière et l'aurait bien brulée
sur le bucher - mais au grand regret d'eux le temps de l'inquisition était
bien passé. Comme la mère de Yehudi se trouve souvent chez
sa grand-mère, les membres de la famille imaginent que l'enfant
qui verra le jour sera possédé par le diable. Avec croyance
profonde la famille commence à prier leur dieu éternel pour
arracher l'enfant au diable. Encore avant la naissance meurt la sorcière
supposée, ce qui soulage profondément toute la clique.
À quatre ans déjà, Yehudi
n'a pas d'ordres à recevoir de sa famille absolument réligieuse.
Quand, pendant un grand repas solennel, un de ses oncles très pieux
lui interdit de manger avec un couteau et une fourchette, Little Y le
larde de coups de la fourchette. La victime ensanglantée échappe
par la fuite et la croix. Depuis lors il est clair que c'était
la petite fourche de fumier de Satan.
Pendant son enfance Yehudi doit regarder la
mort dans les yeux: une maladie grave le saisit. La famille regarde cela
comme un signe clair de Dieu qu'il veut le prendre de la Terre pour le
protéger de l'enfer et pour qu'il puisse participer du retour du
Christ. Pendant des semaines la Faucheuse se bat jusque'à l'épuisement
pour couduire le garçon du lit d'hôpital au cimetière,
afin que l'humanité ne puisse point gouter aux oeuvres géniales
du Maître doué. Mais sa volonté inconditionnelle de
survivre No Reason To Die met la mort à genoux. Pour
les membres de la famille c'est un signe surnaturel que les enfants de
Satan souffrent la damnation éternelle.
Au jardin d'enfants, ce qui au début
n'a que l'air des manifestations d'une personnalité espiègle
se révèle être un diabolisme total. En plein désespoir
les éducatrices enferment Yehudi dans un débarras totalement
sombre pendant des heurs - afin de dompter la Bête. Mais ici lui
viennent des révélations et des inspirations encore plus
profondes et plus sombres. Tout à coup la porte s'ouvre de l'intérieur,
et le monstre est debout dans un espace qui est - apparemment ex nihilo
- brillament éclairé. Suite à cet événement
tout le personnel là-bas refuse de continuer à s'occuper
du garnement.
Dès les premières années
à l'école Yehudi fait preuve d'un caractère remarquable,
d'esprit d'innovation, de fantaisie, et de créativité. Très
tôt il découvre son talent artistique: à six ans il
commence à dessiner au crayon des personnalités diverses.
En cours de dessin il a les meilleures notes pour des techniques différentes.
Dans son monde il reste fidèle au crayon, si bien que pendant la
puberté il dessine des femmes de rêve, et tout le temps ses
rédactions tournent en des entiers romans policiers.
Sans le moindre effort il tourmente les professeurs
avec des questions qui s'écartent du programme et dont ils ne sont
pas à la hauteur, ayant l'habitude de rabâcher la matière
aux élèves - comme on tape sur un ordinateur de IBM - au
lieu de s'intéresser au développement de la personnalité
humaine. De surcroît l'élève curieux est durablement
le personnage central dans chaque salle de classe. Avec sa légèreté
de l'être il écrase tous les professeurs contre le tableau.
Les enseignants qui essayent de le châtier avec des mots sont chassés
de la salle de classe avec des chaises volantes. À genoux ils supplient
le proviseur d'exclure le rebelle de l'école. Cela lui rapporte
sans cesse des vacances d'été SUPPLÉMENTAIRES. Ainsi
il change de classe et d'école plus souvent que son père
modèle change de femme.
Encore avant de connaître l'alphabet,
Yehudi apprend les notes, et l'instrument choisi par les parents, le violon,
devient la gêne des voisins. Lors du remariage de sa mère
son beau-père veut restreindre ce don. Mais il ne met pas longtemps
à dépasser son beau-père. Ce qui l'amène à
prier ses cocroyants: "Priez pour moi. J'ai le diable dans ma maison!"
C'est de Yehudi qu'il est question, qui déjà dans sa jeunesse
amasse des piles d'ouvrages de magie noire. L'Ordre de Thélème
n'est pas loin, si bien qu'il est facile de se les procurer. Le beau-père
désespère dans cette situation sans issue pour lui, et il
se met à boire de plus en plus souvent. Il le pousse à l'extrême
tellement qu'un jour il conduit sa voiture sur les rails à Dannenberg,
et si la police ne l'avait pas arreté juste devant les ponts sur
l'Elbe, il se serait noyé de manière spectaculaire près
de Dömitz.
Non seulement à l'école, mais
à l'église, par sa personnalité charismatique Yehudi
pose des problèmes à tout le monde, parce que son intention
c'est vivre son individualité qui a toujours la priorité.
Il n'a jamais entendu le mot adaptation. À peine a-t-il eu dix
ans qu'il se décide pour une vie végétarienne, et
avec bravade constante il se laisse pousser les cheveux - alors le chef
fanatique de la chorale paroissiale le bannit de celui-ci. En esprit Y
lui montre le majeur et se dit: "Mon petit moustique dans la nef, je te
ferai tomber de ton piédestal par un KatathYM, car
la chorale que je te ferai entendre là fera le son de la tienne
ressembler àux jérémiades des vieilles commères."
Sans doute toutes les visites à l'église et toutes les répétitions
de la chorale ont mené à la prédilection pour les
compositions baignées de choeurs qui ajoutent encore une bonne
quantité de crème Chantilly au gâteau préparé
princièrement déjà. Aussi les productions de Queen,
de Frank Farian et de Andrew Eldritch l'ont influencé en ce qui
concerne les choeurs.
À l'âge de douze ans la guitare,
son nouveau instrument, rélegue le violon au second plan. Parmi
les premières influences sont Led Zeppelin, Deep Purple,
J. S. Bach et Beethoven, mais l'Église met en garde les jeunes
contre les deux premiers. Jimmy Page et Ritchie Blackmore sont représentés
comme des individus sinistres. Et même les Beatles sont interdits
à cause de la chanson "The Fool On The Hill" qui fait allusion
au sermon sur la montagne de Jésus. Mais Yehudi n'écoute
pas aucune de ces mises en garde bien intentionnées contre l'abîme,
et par la déclaration de non-appartenance à l'Église
qui vient ensuite il commence à renaître comme le phénix
de ses cendres, dont on a essayé de lui couvrir la tête.
John McLaughlin et Carlos Santana représentent
les influences sur lui profondément méditatives. Les guitaristes
Yngwie Malmsteen, Joe Satriani et Steve Vai sont responsable de l'influence
technique et disciplinée. En ce qui concerne l'esprit farfelu et
expérimental il indique Allan Holdsworth et Uli Jon Roth, et au
niveau des sentiments ce sont Jeff Beck et Gary Moore ses exemples. En
plus c'est l'incarnation du maître, Jimi Hendrix, qui mettait la
dernière main à son achèvement.
Yehudi tanne ses parents avec de la musique
rock bruyante. Comme son beau-père coupe souvent le courant, il
se bricole un groupe électrogène de secours composé
de cellules solaires et des vieilles batteries de voiture.
Yehudi aime l'aventure, et il prend ses cliques
et ses claques, dont une Ovation à douze cordes. Avec le
message Let Me Go il quitte la maison de son beau-père
et va en stop à Paris, où il tente sa chance et vit comme
musicien ambulant: Money Is The Word! En plus là
il trouve des inspirations et se gorge d'influences multiculturelles.
Il trouve son gîte chez diverses filles au pair, de temps en temps
il dort aussi directement sous la tour Eiffel, où il est réveillé
le matin avec d'autres aventuriers par les flics. Mais il ne peut pas
trouver un toit permanent dans cette métropole. À l'adieu
regrettable à ce pays il dédie Chanson Triste
qui est le fruit d'une relation profonde et qui vient du cur avec
la culture française.
Comme ligne alternative il s'établit
à la porte au monde. Ici il vit en communauté avec le meilleur
saxophoniste de Hambourg, Tadeusz Jakobowski, qui a une influence non
négligeable sur son colocataire guitaristique. Depuis le retour
du Yehudi celui-ci a pris ses distances à l'égard des normes
sociales. Sans aucune assurance maladie il vit des leçons de guitare
qu'il donne et fait du strip-tease. Sans cesse il est engagé dans
le rôle de modèle ou de travesti pour des films et des séries
en langue allemande. Comme strip-teaseur il se produit dans toutes les
chaînes de télé. Lors du OXMOX concours de groupes
1996 il devient le sujet de conversation numéro un parce qu'il
se produit avec 23 musiciens et parce qu'il est porté en scène
à travers la Grosse Freiheit 36 dans un cercueil. Son show
c'est comme si Alice Cooper et Prince s'affrontaient dans la Rocky
Horror Picture Show. Le long du chemin parcouru il a fait ses preuves
comme Strong Wanderer.
Dans sa nouvelle patrie d'adoption, il y a sept
ans qu'il prouve sans cesse son aptitude pour rallier à son projet
musical des musiciens en masse, si bien que des profanes les qualifient
souvent de Témoins de Yehudi, qui a le credo We Are Stars.
L'enregistrement de No Reason To Die avait lieu dans l'appartment
à Hambourg du rabbi. Le maestro a bougé son cul pour cette
production au vrai sens du terme, comme on peut distinguer sur l'étiquette
du CD. Il y a douze tonalités, douze mois, douze tribus du peuple
Israël, douze disciples du Fils de Dieu et les douze signes du zodiaque,
et alors le nombre magique des chefs-d'oeuvre choisis était parfaitement
évident, car maintenant, 2000 ans après Jésus Christ,
le moment est venu d'offrir l'oeuvre du millénaire du mystique
poétique au public dans un gigantisme mythologique inégalable.
© Tous droits réservés par Yehudi
Matthieu 2002
Reproduction sans autorisation interdite
|